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COP15 biodiversité : symbole du Canada, le caribou « va mourir de faim » s’inquiètent les militants écologistes

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Difficile d’apercevoir les animaux dans cette réserve de biodiversité des Caribous-de-Val-d’Or, au cœur de la forêt boréale de l’Abitibi-Témiscamingue, au nord-ouest de Montréal : il n’y en a plus de sept dans un enclos de 18 hectares. Dans les années 80, on en comptait pourtant une cinquantaine.

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Cette région, qui abrite cette forêt boréale, que l’on retrouve notamment en Russie, en Scandinavie, et au Canada, est l’un des poumons du monde en matière de puits à carbone. Le militant Henri Jacob, à la tête de l’Action boréale, a été l’un des premiers à s’intéresser aux caribous de cette région canadienne. Selon lui, le renouvellement de la forêt est une cause du déclin de ce cousin du renne européen : « La nourriture principale de caribou est du lichen. Ce champignon commence à s’établir quand une forêt a au moins 60 ans, renseigne le Canadien. Ici, on coupe les forêts à 60 ans donc la nourriture d’hiver du caribou ne pourra pas s’implanter et l’animal va mourir de faim. » 

 

L’autre facteur de la disparition de l’espèce est la construction de milliers de kilomètres de chemins pour l’exploitation forestière : des routes y sont créées chaque année à travers les bois pour accéder aux exploitations forestières et aux mines. « Des autoroutes à prédateurs« , selon les militants, qui mettent avant que les loups ont désormais accès à l’habitat du caribou.

Le caribou forestier est l’espèce dont la situation est la plus critique, mais le caribou dit montagnard et le migrateur enregistrent aussi une baisse de population. « Si cette espèce ne va pas bien, c’est qu’il y a de multiples espèces qui ne vont pas bien, tous les petits mammifères, toutes les espèces d’oiseaux qui ne sont pas étudiés », explique le biologiste Serge Couturier. 

Autre inquiétude : 70% des peuples autochtones vivent dans cette région forestière, comme la communauté Anishnabé, dont Ronald Brazau fait partie. Et ce déclin de la forêt boréale, il le remarque tous les jours : « On parle de stockage de carbone mais il n’y en a plus dedans, il y a tellement de piétinement… C’était vierge il y a à un peu près 20 ans. On était considéré comme un peuple invisible. Là, aujourd’hui, on nous voit, on essaye de nous connaître et tout ça. Il n’y a plus d’arbres pour se cacher. »

Aujourd’hui, moins d’1% de la forêt est coupée chaque année. Mais le gouvernement québécois a une nouvelle ambition : doubler la récolte annuelle d’ici 60 ans, soit 50 millions de mètres cubes de bois coupés chaque année. Le gouvernement québécois écrit ainsi que « l’exploitation forestière ne cause pas le déboisement » puisque « les zones récoltées se régénèrent ». Mais, selon les scientifiques, la vieille forêt et son écosystème disparaissent.

Depuis près de dix ans, l’industrie forestière a changé ses pratiques, avec des normes plus respectueuses de l’environnement. Aujourd’hui, tous les compagnies sont certifiées. « On est tenus de tenir compte des parties prenantes dans toutes nos décisions d’aménagement », assure Marie-Eve Sigouin, directrice foresterie du groupe Green First. Avoir 30% d’aires protégées d’ici 2030 est l’un des objectifs de la COP15 biodiversité qui a lieu à Montréal du 7 au 19 décembre. 

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