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Portes ouvertes à la SPA : « Cette pandémie nous a rappelé que nous sommes un animal parmi les autres », Jean Viard

Portes ouvertes à la SPA : "Cette pandémie nous a rappelé que nous sommes un animal parmi les autres", Jean Viard

« En octobre, une rencontre va bousculer votre vie » : c’est le slogan de la S.P.A, la société protectrice des animaux qui, tout ce week end, ouvre ses 63 refuges et vous présente des milliers d’animaux à la recherche d’un foyer. Il y a près de 80 millions d’animaux domestiques dans notre pays. Un Français sur deux possède au moins un animal de compagnie. C’est beaucoup. On en parle avec Jean Viard, sociologue et directeur de recherche au CNRS. 

franceinfo : A quel moment les chats et les chiens ont-ils pris autant de place dans nos vies ? 

Jean Viard : Ces animaux, au début, ils étaient là pour l’utilité sociale. Les Egyptiens avaient déjà des chats pour empêcher les souris de manger les stocks de blé. Donc les animaux sont venus par l’utilité : le chien de garde, le chien de garde de troupeau, le chien de chasse. Et du coup, ces animaux ont été extrêmement sélectionnés pour justement une fonctionnalité unique. Et le gros problème qu’on rencontre si il y a 100 000 chiens abandonnés, c’est que ces chiens, on les choisit plutôt pour l’esthétique que pour le type de lien qu’ils ont envie d’avoir.

Donc ceux qui sont des chiens de garde, ils aboient. Et ils ont besoin de sortir. Il y a des chiens qui sont des chiens de chasse, ça court, donc ça va s’enfuir. Chaque animal, en fait, a un savoir-faire, et beaucoup de gens sont très surpris parce que ils ont un chien absolument magnifique, mais il n’obéit pas quand on veut, il sait peut être pas monter en voiture etc, donc c’est compliqué parce que le choix est fait sur l’esthétique et ce qu’on crée au fond, c’est un lien humain. C’est comme si on ne choisissait ses partenaires que sur l’esthétique, il n’y a que ça, ça pose problème.

Mais comment ces chiens sont passés de la ferme à nos appartements ?  

Dans ma famille par exemple, mon parrain était vétérinaire, donc c’est un univers que je connaissais. Mais à l’époque, on ne soignait que les animaux qui rapportaient. Mon parrain soignait les vaches, les chevaux, tout ça, les cochons, et les chats, les chiens étaient des bâtards et on n’achetait pas les animaux ! Maintenant un chien ça vaut entre 1000 et 2 000 euros. Donc on est passé à une toute autre société où effectivement on s’est mis à avoir un rapport avec l’animal, on l’a fait rentrer dans la maison, on en a presque fait, j’allais dire un nouvel enfant pour certains d’entre nous. 

Les Français dépensent aussi de plus en plus d’argent pour leurs animaux de compagnie, des vêtements, des bijoux. C’est devenu vraiment un membre à part entière de la famille, il y a un business autour de ça ?

Même sans aller jusqu’à ça, qui est quand même un petit peu excessif, un chien, ça coûte cher, l’alimentation, le vétérinaire coûte extrêmement cher et maintenant les gens vont systématiquement chez le vétérinaire. Là encore, moi je suis d’une génération où ça ne nous était pas vraiment connu. On avait des animaux qu’on n’avait pas acheté. 

Comment l’animal est-il donc devenu aussi important dans les foyers ?

Je pense que c’est parce qu’on s’est éloigné de la vie rurale et paysanne. Donc au fond l’animal qui était tout simplement dans le champ autour de la maison, on l’a fait rentrer dans la maison. Dans un lotissement, il n’y a pas de vaches, il n’y a pas de chevaux. Donc, il n’y a pas la promiscuité entre la ferme et les autres populations… C’est pour ça qu’on a développé cette relation. Mais en même temps c’est une bonne nouvelle, il faut le voir comme une bonne nouvelle pour une raison simple, ça nous rappelle que nous sommes un animal parmi les autres.

Et ce que cette pandémie nous a appris, c’est que c’est un animal qui a donné le virus à un autre animal, c’est-à-dire un homme, et ça nous a rappelé ça. Nous sommes un animal parmi les autres. Et donc notre solidarité avec les animaux, ça renvoie à tout le débat sur les végans, tout le refus de la chasse, tout le débat sur la corrida. Il y a toute une évolution.

On était convaincu en Occident que l’animal, ce n’était pas nous. Nous, on était des surhommes, on était de l’ordre du surnaturel. Et l’animal, au fond, c’était « le bas monde ». Et ce qui est passionnant en ce moment, c’est que l’Occident redécouvre qu’il est un animal parmi les autres. C’est très positif dans notre rapport à la nature, nous sommes un maillon de la vie de la nature, et nous avons une responsabilité énorme sur la question climatique et nous sommes tous solidaires pour nous en sortir. 

Vous avez un animal de compagnie, vous ?

J’habite à la campagne, vous savez. Aujourd’hui, j’ai deux chiens, des chats, j’ai des chevaux, des moutons. Je suis de la génération baba cool. 

Ce week end, la SPA ouvre ses refuges. En rappel, depuis le 1ᵉʳ octobre, il faut signer un certificat d’engagement quand vous achetez ou adopter un animal de compagnie.

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