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Une molécule dans l’estomac des manchots peut jouer un rôle dans la médecine oculaire chez l’homme

Tous les week-ends de l’été, « Le billet sciences » part à la découverte des solutions apportées par le vivant pour nous aider à résoudre nos problèmes scientifiques, médicaux, techniques. C’est ce que l’on appelle le biomimétisme. Ce samedi, voici comment l’observation des manchots permet de faire avancer la recherche sur les antibiotiques.

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Radio France

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Tout est parti d’un constat étonnant. En Antarctique, notamment dans l’archipel des îles Crozet, dans l’océan Indien, le manchot mâle qui couve son œuf pendant plusieurs semaines est capable de nourrir ses petits à leur naissance (quand la femelle n’est pas rentrée de la pêche) alors que lui n’a pas bougé et qu’il n’est pas parti à la recherche de nourriture fraîche. En fait, le mâle offre à sa progéniture qui vient de naître de la nourriture qu’il a stockée dans son estomac durant trois semaines. Un constat qui a longtemps intrigué les scientifiques. Comment se fait-il que des aliments, à base de poisson notamment, puissent rester stockés aussi longtemps sans prolifération bactérienne ?

L’équipe emmenée par Yvon Le Maho, écophysiologiste au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), a creusé la question et ils ont fini par comprendre pourquoi : le manchot mâle sait conserver  la nourriture intacte à 37°C sans que les bactéries s’y attaquent.

Ce secret, ils l’ont découvert en analysant le contenu de l’estomac des manchots en les faisant tout simplement regurgiter et en rusant pour que cette opération ne les incite pas à abandonner leur œuf. Ces chercheurs ont découvert avec l’aide de Philippe Bulet, directeur de recherche en biochimie, le rôle clé joué par une molécule antimicrobienne de la famille des défensines. Cette molécule, qui est une protéine, ne tue pas les bactéries mais elle les endort. La bonne nouvelle, c’est que son action est très efficace contre des bactéries résistantes, comme le staphylocoque doré (qui peut poser des problèmes à l’hopital) et aussi contre un champignon l’Aspergillus fumigatus, responsable de l’aspergillose, une infection provoquant de la fièvre et de la toux, qui peut parfois toucher certains malades en réanimation.

Cette découverte peut permettre de développer une nouvelle génération d’antibiotiques. Cela prendra encore quelques années pour développer une nouvelle génération d’antibiotiques mais les recherches vont se poursuivre, car après avoir bataillé 15 ans, cette équipe du CNRS vient tout recemment d’obtenir des financements pour travailler sur cette defensine du manchot royal.

Leur travail est d’autant plus prometteur que l’on sait déjà que cette molécule peut être reproduite en laboratoire par bio-ingénierie et qu’au-delà de son action sur des bactéries résistantes, comme le staphylocoque doré, il y a aussi des perspectives d’utilisation chez l’homme, notamment dans le domaine de la médecine oculaire. Cette molécule antimicrobienne étant en effet très active dans l’estomac des manchots qui est un milieu salin, elle pourrait l’être aussi très vraisemblablement dans nos yeux qui sont baignés de larmes elles aussi salées.

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