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Chasse cruelle d’oiseaux en déclin : le Gouvernement s’obstine et récidive !

Une nouvelle fois, le Gouvernement semble faire fi de l’effondrement de la biodiversité puisqu’il prévoit d’autoriser dans certains départements l’abattage d’oiseaux en déclin, selon des méthodes de piégeage traditionnel. La Fondation 30 Millions d’Amis invite tout un chacun à s’opposer à ces projets d’arrêtés.

Des espèces en déclin pourront être tuées ! Alors que l’Alouette des champs a perdu plus de la moitié de sa population européenne depuis 1980, et que le Vanneau huppé est menacé de disparition en Europe, le Gouvernement prévoit de réitérer sa politique d’abattage à leur encontre.

En effet, pour la saison de chasse 2022-2023, quatre projets d’arrêtés prévoient la capture de l’alouette des champs au moyen de matoles (pièges-trappes) et de pantes (filets horizontaux) dans les Landes, le Lot-et-Garonne ainsi que (pour les pantes exclusivement) la Gironde et les Pyrénées-Atlantiques. Au total, ce ne sont pas moins de 106 500 alouettes des champs qui pourront être tuées dans ces conditions. Deux autres projets d’arrêtés autorisent la capture de 1200 vanneaux huppés et 30 pluviers dorés à l’aide de filets dans les Ardennes.

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1200 vanneaux huppés pourront être tués pendant la saison 2022-2023, malgré le statut défavorable de l’espèce. ©AdobeStock

Des arrêtés conformes à la Directive Oiseaux selon le ministère

Pourtant, les arrêtés similaires pris pour les trois dernières saisons de chasse avaient été annulés par le Conseil d’Etat, au motif que les dérogations accordées méconnaissaient les exigences européennes sur la protection des oiseaux. En octobre 2021, le Gouvernement avait malgré tout persévéré en réitérant sa politique d’abattage… Des décisions heureusement suspendues quelques jours plus tard par le juge des référés, en attendant la décision sur le fond.

Mais selon le gouvernement, les nouveaux projets d’arrêtés s’inscriraient désormais dans le cadre d’une refonte intégrale élaborée pour « respecter les exigences de la Directive Oiseaux ». Cette refonte se caractérise, selon le ministère de la Transition écologique, « par la démonstration de l’absence d’autre solution satisfaisante, par le renforcement de l’encadrement de la chasse, par la création ou le renforcement de mesures de contrôle et de surveillance permettant d’assurer la sélectivité et la prise de faibles quantités, ainsi que par l’exploitation judicieuse de cette chasse traditionnelle ».

Des précautions insuffisantes selon les ONG de protection animale

 

Autoriser la destruction de 100000 oiseaux supplémentaires est une aberration.

A. Bougrain Dubourg – LPO

Bien que ces nouveaux garde-fous soient indispensables, ils n’en sont pas moins largement insuffisants !  « Le ministère fait le choix de la récidive en reprenant des arrêtés qu’il sait illégaux, tance la Ligue pour la Protection des Oiseaux. La refonte est mensongère ! » Primo, la motivation sur l’absence de solution alternative n’a que vaguement été développée. Deuxio, le Gouvernement prévoit un contrôle théoriquement plus strict, sans pour autant garantir les moyens de le faire respecter : « l’Office français pour la biodiversité ne dispose pas d’agents en nombre suffisant pour surveiller tous les sites », explique la LPO. Tertio, malgré les allégations du ministère, les pièges utilisés ne sont pas plus stricts qu’auparavant, la LPO ayant démontré par le passé que « certains passereaux protégés, comme des pinsons des arbres, des chardonnerets ou des bruants ortolan, étaient mutilés voire tués ».

Pour éviter l’hécatombe, la Fondation 30 Millions d’Amis invite tout un chacun à rejeter les projets d’arrêtés lors de la consultation publique (ouverte jusqu’au 10 août 2022) : il en va de la survie d’espèces en déclin ! « Toutes les études démontrent que les populations d’oiseaux s’effondrent en milieu agricole, principalement en raison de la dégradation continue de leur habitat et l’usage de pesticides, rappelle Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO. Les épisodes caniculaires et les incendies ont récemment fait d’énormes dégâts chez la faune sauvage, en particulier dans le Sud-Ouest de la France. Autoriser la destruction de plus de 100000 oiseaux supplémentaires dans ce contexte est une aberration ». Les ONG de protection animale n’hésiteront pas à attaquer en justice les arrêtés s’ils venaient à être signés.  

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