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Des putois dans les rues de Paris !

Dès le 19 mai 2022, certaines rues de la capitale arboreront pendant quelques jours d’incroyables peintures de putois. Le but : sensibiliser à la protection de cet animal méconnu et en danger en France. La Fondation 30 Millions d’Amis, qui salue cette initiative, demande une protection accrue de l’espèce.

120 putois grandeur nature aux abords du Muséum national d’histoire naturelle (Mnhn), à Paris ! Imaginée et réalisée par l’artiste Nadège Dauvergne, l’exposition entend interpeller les passants pour inciter à la préservation de cette espèce inscrite depuis 2017 sur la liste rouge des mammifères menacés en France selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

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Dès le 19 mai 2022, des putois arborent quelques rues de Paris ! ©Nadège Dauvergne

« Par mes peintures en trompe-l’œil, j’ai à cœur de montrer cet animal peu connu, très discret et en danger », confie N. Dauvergne, jointe par 30millionsdamis.fr. « Les naturalistes, qui prospectent sur les mêmes secteurs depuis des années, voient clairement la disparition du Putois dans leurs régions, confirme à 30millionsdamis.fr Nathalie de Lacoste, écologue pour la Société française pour l’étude et la protection des mammifères. À l’échelle nationale, il est présent de façon éparse et en faible densité, comme dans toute l’Europe de l’Ouest ». « Les causes identifiées de ce déclin sont essentiellement l’agriculture intensive, l’urbanisation, les collisions routières, les pathologies, les pollutions et enfin le piégeage volontaire ou accidentel dans des pièges destinés à d’autres espèces », complètent des scientifiques, dans une Tribune publiée dans Le Monde (31/05/2021).

Pour une protection plus stricte de cette espèce en déclin

Pour autant, l’espèce continuait paradoxalement d’être tuée dans des conditions cruelles, au titre de son statut de « nuisible » dans les 2 derniers départements qui autorisaient encore leur massacre : le Pas-de-Calais et la Loire Atlantique. Une situation d’autant plus aberrante que les dégâts qu’ils occasionnent sur les élevages sont inexistants ou – au pire – marginaux. Il a fallu attendre une décision du Conseil d’Etat du 7 juillet 2021 – et l’arrêté du 16 février 2022 qui en a résulté – pour que le Putois d’Europe soit enfin déclassé de la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD) eu égard à son état de conservation « défavorable ». Depuis cette date, les putois ne peuvent plus être détruits sur le territoire national au titre de la régulation des « ESOD ».

 

Le plus efficace serait d’inscrire le Putois sur la liste des espèces protégées.

Nathalie de Lacoste – Ecologue (SFEPM)

« Mais le putois n’est pas tiré d’affaire pour autant, hélas, nuance l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS). Il peut redevenir « ESOD » dès juillet 2023, à l’entrée en vigueur du nouvel arrêté triennal qui détermine le classement et les modalités de destruction de toute une série d’animaux sauvages. Et le putois reste « gibier » : il pourra être tiré pendant toute la prochaine saison de chasse ».

Raison pour laquelle les scientifiques veulent aller plus loin et demandent l’adoption d’un arrêté ministériel visant à inscrire le putois sur la liste des espèces protégées. « Le plus efficace serait que le prochain ministère de l’écologie inscrive le Putois sur la liste des espèces protégées : c’est le statut le plus fort, qui permettra de mettre en place des mesures de conservation concrètes sur le terrain, assure Nathalie de Lacoste. Tant qu’il ne sera pas protégé, on ne pourra malheureusement pas agir directement ». « Pourquoi le Royaume-Uni, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse, l’Italie ou encore la Catalogne protègent à différents niveaux le putois d’Europe ? Parce que sa sauvegarde est nécessaire, étant donné la baisse globale de ses effectifs en Europe de l’Ouest depuis plusieurs décennies », confirment les spécialistes dans leur Tribune (Le Monde). Un vœu soutenu par le Muséum national d’histoire naturelle, le Conseil national de protection de la nature et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

« On vit avec eux, chez eux »

Plus généralement, l’artiste Nadège Dauvergne entend sensibiliser à la nécessaire cohabitation des humains et des animaux sauvages. « Avec la raréfaction des milieux, la chasse et l’utilisation de produits phytosanitaires, les campagnes sont devenues hostiles aux animaux sauvages qui s’aventurent de plus en plus en ville, observe-t-elle. Mes peintures d’animaux invitent les citadins à faire face à cette faune sauvage, dans une perspective d’ouverture de la ville à la nature. »

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L’artiste expose des peintures d’animaux sauvages dans Paris pour montrer l’ouverture des villes à la nature. ©Nadège Dauvergne

Si le putois peut espérer un avenir meilleur, certains animaux continuent de faire l’objet de traitements cruels. C’est le cas des blaireaux qui – bien que non considérés comme « ESOD » – peuvent être traqués, acculés et tirés de leur terrier pour être tués. Sans oublier les renards – qui en tant que « nuisibles » – peuvent être détruits dans certains départements, quasiment toute l’année, selon des méthodes tout aussi cruelles. « En réalité, ces animaux ne sont nuisibles que pour une poignée d’humains. Eux aussi ont des besoins ; il faut apprendre à partager, assure Nadège. On vit avec eux, chez eux ! »

Si vous souhaitez en savoir plus sur le putois, ce petit mustélidé masqué, n’hésitez pas à vous rendre – les 21 et 22 mai – au Jardin des plantes de Paris où Nadège Dauvergne réalisera une grande fresque participative sur le stand « Putois et compagnie » animé par la Société française pour l’étude et la protection des mammifères.

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