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Pour rendre les lions plus pacifiques, la neuroscientifique Jessica Burkhart utilise l’ocytocine, l’hormone de l’amour

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Chez les lions, pacifisme et sérénité tiendraient dans une hormone, l’ocytocine. C’est ce que démontre Jessica Burkhart qui étudie ses effets sur les félins depuis des années. Neuroscientifique à l’université du Minnesota aux États-Unis, elle mène ses recherches au sein du Lion Center, qui travaille avec plusieurs réserves au Kenya, en Afrique du Sud et en Tanzanie, pour étudier le cerveau des grands fauves, et précisément des lions, seuls félins à vivre en groupe, contrairement aux autres, généralement solitaires guépard, léopard, ou chats. Pourquoi c’est important pour l’étude ? Parce que le but, c’est d’observer les comportements sociaux – distance, menace, agressivité, ou à l’inverse coopération, rapprochement, affectuosité –, pour essayer de comprendre ce qui déclenche ces attitudes.

Or, ce que démontre le travail de Jessica Burkhart, c’est que tout se passe dans le cerveau, dans l’action de la dopamine et de l’ocytocine. Pendant deux ans, elle a étudié 23 lions du parc de Dinokeng en Afrique du Sud, des fauves habitués à la présence humaine, en déposant sur leurs truffes un peu d’ocytocine, hormone que les mammifères libèrent naturellement dans les moments de complicité, d’affection, d’où son surnom d’hormone de l’amour. « Ce qu’on a observé, dit-elle à l’AFP, c’est que la distance entre les lions a diminué, passant de sept mètres habituellement à 3,50 mètres avec l’hormone.« 

Autre conséquence surprenante, les lions ne rugissaient plus lorsque la chercheuse leur diffusait des enregistrements d’autres mâles rugissant, ils restaient calmes, sereins, pacifiques. L’étude vient d’être publiée, mercredi, dans la revue iScience, et l’on pourrait se dire que ça y est, on a trouvé ce qu’il faut diffuser lors des rencontres diplomatiques Ukraine-Russie, ou sur les lignes de front, ou aux premiers rangs de certains meetings politiques, ou même sous le nez de Will Smith lors des soirées de remises des Oscars. Sauf que, chez les humains, l’hormone n’a pas les mêmes effets.

Dans notre cerveau, « si l’ocytocine provoque des sentiments positifs entre personnes qui sont déjà proches, prévient Jessica Burkhart, elle peut aussi accroitre les tensions entre personnes rivales. » D’où le fait que cette étude sur les lions est surtout utile… pour les lions. Par exemple, pour envisager une autre méthode que les seringues sédatives tirées au fusil sur les fauves lorsqu’il faut les soigner, ou les transporter. 

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