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COVID-19 et animaux. Mise à jour au 18/02/2022

Le SARS-CoV-2 est une maladie émergente, définie selon le Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE comme « une nouvelle apparition chez un animal d’une maladie, d’une infection ou d’une infestation, ayant des répercussions significatives sur la santé animale ou humaine et résultant : 1. de la modification d’un agent pathogène connu ou de sa propagation à une nouvelle aire géographique ou à une nouvelle espèce, ou 2. d’un agent pathogène non identifié antérieurement ou d’une maladie diagnostiquée pour la première fois« . Les États membres de l’OIE sont tenus de notifier la détection d’une maladie émergente conformément au Code sanitaire pour les animaux terrestres (lien).

En Europe, il est obligatoire depuis le 22/12/2020 pour les États membres de l’Union européenne de déclarer à la Commission européenne dans les trois jours suivant leur confirmation les cas d’infection par le SARS-CoV-2 sur des mustélidés (furets, putois, visons, martres, fouines, belettes, hermines, blaireaux, loutres, …) ou des chiens viverrins (Nyctereutes procyonoides), espèce sensible à l’infection expérimentale et également élevée pour sa fourrure. (Source : Journal Officiel 22/12/2020)

L’OIE tient à jour le décompte des cas d’infection du SARS-CoV-2 chez l’animal. Au 18/02/2022, 35 pays avaient déclaré des cas ou des foyers de SARS-CoV-2 chez l’animal (Source : Portail COVID-19 OIE consulté le 18/02/2022). Le point sur les connaissances actuelles sur la réceptivité et la sensibilité des animaux est disponible dans le OIE Fiche Technique (mis à jour le 14/02/2022) et illustré dans la Figure 1.

Face à l’émergence du variant Omicron, dont les caractéristiques génétiques inhabituelles indiquent que ce variant aurait pu évoluer de façon indépendante chez un hôte animal ou du moins avoir subi une pression sélective positive en lien avec un potentiel réservoir animal, l’OIE a publié en date du 06/01/2022 une lettre soulignant la nécessité de conduire des investigations génomiques du SARS-CoV-2 chez l’animal et l’importance du partage des séquences sur GISAID[1] par la communauté (OIE statement le 06/01/2022).

Z COVID-19 et animaux. Mise à jour au 18/02/2022


Figure 1 : Représentation des modalités de transmission du SARS-CoV-2 chez l’animal et l’être humain à partir des données de cas notifiés et des connaissances scientifiques au 18/02/2022.

Rôle des animaux
La figure 1 présente les modalités de transmission du SARS-CoV-2 chez l’animal et l’être humain à partir des données de cas notifiés et des connaissances scientifiques au 11/02/2022.

Animaux de compagnie
La note Covid-19 et animaux domestiques détaille les cas recensés de Covid-19 chez les animaux domestiques. Elle dresse la liste des cas de SARS-CoV-2 confirmés sur les animaux de compagnie incluant les chiens, chats, furets, rongeurs et lagomorphes.

Des résultats positifs par RT-PCR au SARS-CoV-2 ont été signalés suite à l’analyse d’écouvillons oraux ou nasaux d’animaux de compagnie en contact étroit avec leur propriétaire atteint de la COVID-19.

Au 18/02/2022, un total 250 cas de SARS-CoV-2 sur des chiens (n=127) et chats (n=119) et mustélidés de compagnie (n=4) ont été rapportés dans 26 pays à l’OIE ou par communiqué officiel.

En novembre 2021 à Hong-Kong, un épisode de transmission de SARS-CoV-2 variant delta du hamster syrien (ou doré Mesocricetus auratus) à l’être humain a été observé en animalerie et chez des particuliers (OIE notification immédiate le 21/01/2022). 

Les cas de contamination et/ou d’infection des animaux de compagnie restent sporadiques et isolés, alors que le virus circule largement dans la population humaine (avis Anses le 14/04/2020). La transmission du SARS-CoV-2 de l’être humain à une espèce animale de compagnie semble rare.

En l’état actuel des données existantes et malgré le cas de contamination humaine par les hamsters syriens à Hong-Kong en novembre 2021, les animaux de compagnie ne jouent pas un rôle significatif dans la propagation du virus SARS-CoV-2 en comparaison avec la propagation humaine (Source : communiqué des autorités de Hong Kong au 26/03/2019, Thiry, 2020, ECDC le 25/01/2021, CDC le 10/02/2021,). En date du 05/01/2022, le CDC estime que le risque de transmission du virus SARS-CoV-2 de l’animal à l’être humain est considéré comme faible  (source : CDC le 05/01/2022).

Animaux domestiques d’élevage
Les connaissances actuelles sur la réceptivité et la sensibilité des animaux domestiques d’élevage sont indiquées dans une note Covid-19 et animaux domestiques.

A ce jour le virus SARS-CoV-2 n’a pas été mis en évidence sur des animaux domestiques d’élevage en condition naturelle. Les études expérimentales sur les animaux d’élevage (hors vison d’Amérique) montrent une réceptivité faible au SARS-CoV-2. Chez les lagomorphes, une excrétion nasale et orale a été mise en évidence expérimentalement sur des lapins néo-zélandais (Oryctolagus cuniculus) ( (Mykytyn et al. 2021).

Elevage de vison d’Amérique
La note Covid-19 et élevages de visons d’Amérique dresse le bilan détaillé des cas de SARS-CoV-2 confirmés dans les élevages de visons d’Amérique en Europe et Amérique du Nord.

Au cours de l’année 2020, des élevages de visons d’Amérique (Neovison vison) ont été détectés infectés au SARS-CoV-2 (positifs en RT-PCR et/ou sérologie) aux Pays-Bas fin avril puis au Danemark mi-juin, en Espagne début juillet, aux Etats-Unis et en Italie en août, en Suède en octobre, puis en Grèce, en France, en Pologne et en Lituanie en novembre, et au Canada en décembre. Par mesure de précaution et afin d’éviter toute mutation du virus SARS-CoV-2, les autorités néerlandaises, danoises, espagnoles et, françaises ont décidé d’abattre l’ensemble des visons des élevages infectés. Les autorités danoises ont mis en œuvre un abattage total du cheptel national en 2020. Les autorités américaines, canadiennes et suédoises n’ont pas mis en place d’abattage des exploitations atteintes.

En 2021, 45 foyers de SARS-CoV-2 ont été détectés et notifiés dans des fermes de visons d’Amérique dans huit pays d’Europe et d’Amérique du Nord.

En France, quatre élevages de visons d’Amérique étaient en activité avant l’émergence du SARS-CoV-2. Une exploitation a été détectée positive le 20/11/2020, le cheptel a été abattu. Deux élevages ont cessé leur activité et le dernier est en cours de fermeture, suite à la publication de la loi contre la maltraitance animale du 30/11/2021 visant la fin de l’élevage de visons d’Amérique destinés à la production de fourrure.

Les épizooties dans les visonnières aux Pays-Bas et au Danemark ont révélé le potentiel zoonotique du SARS-CoV-2. La transmission du SARS-CoV-2 de l’être humain au vison, puis de retour à l’être humain est avérée. Elle a été initiée dans les zones à forte densité d’élevage (Oude Munnink et al. 2021). Compte tenu de la prévalence du SARS-Cov-2 dans la population humaine, le risque d’infection des élevages de visons est considéré comme élevé en Europe (Source : GLEWs+ Risk assessment le 20/01/2021, EFSA le 29/01/2021, ECDC le 12/05/2021).

Parcs zoologiques
La note Covid-19 et faune sauvage dresse le bilan détaillé des cas de SARS-CoV-2 confirmés et des connaissances sur les espèces de la faune sauvage captive (hors élevage vison d’Amérique).

Source

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